
L’architecture d’intérieur contemporaine accorde une place prépondérante aux escaliers tournants, véritables sculptures fonctionnelles qui structurent l’espace habitable. Parmi ces éléments architecturaux, deux termes reviennent fréquemment dans les conversations entre professionnels et particuliers : escalier hélicoïdal et escalier en colimaçon. Cette confusion terminologique n’est pas anodine, car elle reflète une méconnaissance des différences structurelles et techniques entre ces deux typologies. Comprendre ces distinctions s’avère essentiel lorsque vous envisagez d’aménager votre intérieur avec une solution verticale optimisée. Les enjeux dépassent la simple nomenclature : ils touchent au dimensionnement, à la réglementation, au confort d’usage et aux possibilités architecturales offertes par chaque configuration.
Définitions architecturales : escalier hélicoïdal versus escalier en colimaçon
La distinction fondamentale entre ces deux types d’escaliers repose sur leur structure porteuse centrale. Cette différence, bien que technique, conditionne l’ensemble des caractéristiques de l’ouvrage et influence directement vos choix en matière d’aménagement. Les professionnels du bâtiment utilisent ces termes avec précision, tandis que le grand public les emploie souvent de manière interchangeable, créant ainsi une ambiguïté qui mérite clarification.
Structure géométrique de l’escalier hélicoïdal à noyau central
L’escalier hélicoïdal se caractérise par la présence d’un noyau central plein, généralement constitué d’un fût cylindrique métallique ou d’un assemblage de marches formant un pivot massif. Les marches rayonnent depuis ce point central selon une géométrie précise, créant une ligne de foulée qui dessine une hélice tridimensionnelle dans l’espace. Cette configuration permet une distribution régulière des charges et offre une stabilité structurelle remarquable. Le noyau central assure la fonction porteuse principale, les marches étant fixées en console sur cet axe vertical. La rigidité de l’ensemble provient de cette connexion directe entre chaque marche et le support central, sans nécessiter d’appui périphérique sur les murs environnants. Cette autonomie structurelle confère à l’escalier hélicoïdal une flexibilité d’implantation considérable dans votre projet architectural.
Configuration circulaire de l’escalier en colimaçon sans axe porteur
À l’inverse, l’escalier en colimaçon présente un vide central caractéristique qui le distingue immédiatement de son homologue hélicoïdal. Les marches s’enroulent autour d’un axe virtuel sans support physique au centre, créant ainsi une cage d’escalier ouverte et particulièrement aérienne. Cette configuration nécessite un système de fixation alternatif : les marches peuvent être encastrées dans le mur périphérique, fixées sur un limon hélicoïdal autoportant, ou assemblées entre elles par emboîtement pour créer collectivement la rigidité nécessaire. L’absence de noyau central procure un avantage esthétique indéniable, avec une transparence visuelle qui préserve la luminosité de votre espace. Cette typologie s’avère cependant plus complexe à concevoir d’un point de vue structurel, car la transmission des charges s’effectue par un cheminement indirect, généralement vers la périphérie de la volée.
Terminologie normative selon le DTU 36.1 et NF p01-012</h3
Sur le plan normatif, la terminologie reste cependant moins poétique et beaucoup plus précise. Les Documents Techniques Unifiés et normes françaises privilégient des définitions liées à la fonction et à la géométrie plutôt qu’au vocabulaire courant. Le DTU 36.1, consacré aux menuiseries et à leur intégration dans le bâtiment, évoque principalement les contraintes de trémie, de garde-corps et de jonction avec les planchers, sans opposer frontalement « colimaçon » et « hélicoïdal ». En pratique, les textes réglementaires parlent plus volontiers d’« escalier à marches rayonnantes » ou d’« escalier tournant » pour couvrir l’ensemble de ces solutions.
La norme NF P01-012, qui définit les règles de sécurité relatives aux garde-corps, balaustre les escaliers de type hélicoïdal et colimaçon sous un même angle : celui du risque de chute. Elle précise les hauteurs minimales de garde-corps, les espacements entre éléments de remplissage et les contraintes de résistance mécanique, sans établir de hiérarchie entre les deux typologies. C’est donc davantage la présence ou non d’un axe porteur, ainsi que le diamètre utile de la volée, qui intéressent les bureaux de contrôle lorsqu’ils valident un projet. En résumé, la norme ne vous dira pas quel terme employer, mais elle encadre de façon stricte la sécurité et le dimensionnement de votre escalier tournant.
Origines étymologiques et évolution du vocabulaire technique
Si l’on quitte un instant le terrain des normes pour celui du langage, la différence entre escalier hélicoïdal et escalier en colimaçon prend une dimension plus historique. Le mot « hélicoïdal » provient du grec helix, qui signifie « enroulement, spirale », largement utilisé en géométrie pour désigner une courbe qui se déroule autour d’un axe. En architecture, cette racine a donné naissance à des expressions comme « rampe hélicoïdale » ou « escalier hélicoïdal », adoptées par les ingénieurs pour souligner la rigueur géométrique de la forme. Vous le remarquerez dans les catalogues de fabricants : dès que l’on parle de calcul de charges ou de modélisation 3D, le terme « hélicoïdal » domine.
« Colimaçon », en revanche, appartient à un registre plus imagé. Dérivé de limaçon (la limace, puis l’escargot), lui-même issu du latin limax et cochlea, le mot évoque immédiatement la coquille spiralée de l’escargot. Par extension, un escalier « en colimaçon » désigne donc un escalier tournant dont le plan s’apparente à cette coquille, généralement avec un fût central. C’est pourquoi dans le langage courant, les deux termes tendent à se confondre. Dans la pratique professionnelle, vous entendrez plutôt parler d’« escalier hélicoïdal » en phase d’étude technique et de « colimaçon » en phase commerciale, lorsque l’on souhaite rendre le propos plus accessible.
Caractéristiques techniques et dimensionnement des deux typologies
Diamètre minimal réglementaire et giron des marches rayonnantes
Que vous optiez pour un escalier hélicoïdal ou un escalier en colimaçon, le premier paramètre à maîtriser reste le diamètre de la volée. En logement individuel, on considère qu’un diamètre inférieur à 130 cm rend l’usage quotidien peu confortable, sauf pour un escalier secondaire vers un grenier ou une mezzanine. En dessous de ce seuil, l’emmarchement utile se réduit fortement, notamment côté noyau, et la sensation de sécurité diminue. À l’inverse, un diamètre de 160 à 200 cm offre un confort comparable à celui d’un escalier quart tournant, tout en conservant un encombrement au sol raisonnable.
Le giron des marches rayonnantes – c’est-à-dire la profondeur de marche mesurée sur la ligne de foulée – doit rester compatible avec la fameuse « loi de Blondel » (2 h + g ≈ 60 à 64 cm). Pour un escalier tournant, on vise généralement un giron de 22 à 27 cm sur la ligne de foulée, avec une hauteur de marche comprise entre 17 et 20 cm. Plus le diamètre est réduit, plus le giron est difficile à optimiser : d’où l’importance de faire vérifier votre projet par un professionnel lorsque vous cherchez à installer un escalier hélicoïdal dans un espace très contraint.
Calcul de l’échappée et hauteur de passage normalisée
L’échappée désigne la hauteur libre entre le nez d’une marche et l’obstacle situé au-dessus (plancher, plafond, limon supérieur…). Elle conditionne directement le confort de circulation, mais aussi la conformité réglementaire de l’escalier hélicoïdal ou en colimaçon. En France, on considère qu’une échappée minimale de 2,00 m est requise dans la plupart des cas, et recommandée à 2,10 m pour un escalier principal. En dessous de cette valeur, vous risquez de vous cogner la tête en montée, ce qui est particulièrement pénalisant dans un usage quotidien.
Le calcul de l’échappée sur un escalier hélicoïdal est un peu plus subtil que sur un escalier droit, car la volée se croise sur plusieurs tours. Il faut déterminer, pour chaque marche, la position de la marche située un tour plus haut (soit 360° de rotation) et vérifier la hauteur disponible entre les deux. Plus la trémie est généreuse, plus il est aisé de respecter cette contrainte sans augmenter exagérément la hauteur de marche. Pour un escalier en colimaçon à noyau central, la même logique s’applique, mais l’optimisation est souvent plus complexe lorsque le diamètre est faible et la hauteur à franchir importante.
Angle de révolution et nombre de marches par spire complète
L’un des grands atouts de l’escalier hélicoïdal est de pouvoir être défini de manière très précise par son angle de révolution et le nombre de marches par tour complet. Une spire correspond à 360° de rotation autour de l’axe. En pratique, un tour complet comprend généralement entre 12 et 16 marches, selon la hauteur totale à franchir et le confort souhaité. Par exemple, pour une hauteur sol à sol de 280 cm et 14 marches, la hauteur de marche sera d’environ 20 cm, ce qui reste acceptable pour un escalier secondaire, mais un peu raide pour un escalier principal.
Pourquoi cet angle de révolution est-il si important ? Parce qu’il permet de positionner précisément la marche de départ et la marche d’arrivée par rapport aux parois, aux portes et aux zones de circulation. Sur un escalier en colimaçon, on joue également sur cet angle pour aligner la marche palière avec la trémie et assurer un accès naturel à l’étage. Certains configurateurs en ligne vous proposent de choisir directement la rotation (par exemple 270°, 320° ou 360°) afin d’anticiper l’orientation de la volée dans votre pièce.
Ligne de foulée et zone de confort d’utilisation
La ligne de foulée est la trajectoire théorique suivie par l’utilisateur lorsqu’il monte ou descend l’escalier, généralement située à environ 50 à 60 cm du bord intérieur de la volée. C’est sur cette ligne que l’on mesure le giron et que l’on vérifie l’application de la loi de Blondel. Dans un escalier hélicoïdal bien conçu, la ligne de foulée décrit une courbe régulière, sans rupture de rythme. Si le diamètre est trop réduit, cette ligne se rapproche du noyau et le giron devient insuffisant, ce qui oblige à poser le pied en biais et rend la descente plus délicate.
On distingue ainsi plusieurs zones de confort sur chaque marche rayonnante : la partie intérieure, souvent très étroite et peu praticable ; la bande médiane, où se situe la ligne de foulée et qui constitue la zone d’usage courant ; et la partie extérieure, plus large, parfois utilisée pour poser un objet ou accompagner un enfant. Lors de la conception, l’objectif est d’optimiser cette bande médiane, surtout si l’escalier hélicoïdal doit servir d’escalier principal. Vous hésitez entre deux diamètres ? Il est souvent plus judicieux d’augmenter légèrement le diamètre pour gagner quelques centimètres de giron utile plutôt que de réduire la hauteur de marche au détriment de la fluidité.
Systèmes constructifs et modes d’assemblage structurels
Limon central en acier pour escalier hélicoïdal autoportant
Sur le plan structurel, l’une des solutions les plus répandues pour un escalier hélicoïdal autoportant consiste à utiliser un limon central en acier. Il s’agit d’un profilé (souvent tubulaire ou caisson) qui suit la courbe hélicoïdale et sur lequel viennent se fixer les marches en console. Cette configuration offre une grande liberté de forme : volée très ouverte avec marches ajourées, ou au contraire structure massive et sculpturale dans un hall. Le limon central reprend à la fois les efforts verticaux (poids propre et charges d’exploitation) et les efforts horizontaux (balancement, vibrations).
Ce système présente un excellent rapport rigidité/encombrement, surtout lorsqu’il est dimensionné en acier S235 ou S355, voire en inox pour les projets haut de gamme. Il permet également de dissocier visuellement la structure porteuse des marches et du garde-corps, ce qui est intéressant dans une démarche architecturale contemporaine. En rénovation, l’escalier hélicoïdal à limon central se prête bien à une pose sans reprise importante sur les murs existants, à condition que les ancrages en pied et en tête soient correctement dimensionnés.
Fût tubulaire métallique et fixation des marches en console
Pour l’escalier en colimaçon classique, le fût tubulaire métallique reste le grand standard, notamment pour les modèles en kit. Le principe est simple : un tube acier ou inox fait office de noyau central, sur lequel viennent s’emboîter des bagues, entretoises et marches. Chaque marche est fixée en console sur ce poteau, souvent à l’aide d’un manchon soudé ou boulonné. L’ensemble est ensuite serré par une tige filetée traversante ou par des colliers de serrage, ce qui crée une colonne porteuse continue.
Ce système d’assemblage, très industrialisé, présente deux avantages majeurs pour vous : un coût de fabrication maîtrisé et une grande facilité de montage sur chantier. De nombreux fabricants proposent des escaliers en colimaçon livrés prêt-à-poser, dont l’installation ne nécessite que quelques heures à deux personnes. La contrepartie ? Une géométrie généralement standardisée (diamètres et hauteurs de marche prédéfinis) et une personnalisation plus limitée que pour un escalier hélicoïdal entièrement sur mesure.
Ancrage mural périphérique pour colimaçon suspendu
Dans certains projets haut de gamme, l’escalier tournant prend une dimension presque sculpturale grâce à un système de colimaçon suspendu. Ici, l’axe central disparaît au profit d’un ancrage périphérique dans les murs ou dans un limon hélicoïdal dissimulé. Chaque marche est alors encastrée dans la maçonnerie ou fixée sur un support métallique invisible, créant l’illusion de marches flottantes qui s’enroulent dans le vide. Ce type de conception, spectaculaire, exige une étude structurelle approfondie et une coordination très fine entre architecte, ingénieur et entreprise de pose.
Contrairement à un escalier en colimaçon standard, la stabilité de l’ensemble dépend fortement de la qualité des supports périphériques (voiles béton, murs porteurs, poutres métalliques). Dans une rénovation de maison ancienne, par exemple, les murs en pierre ou en briques devront parfois être renforcés ou doublés par une structure métallique interne pour reprendre les efforts. Ce n’est donc pas la solution la plus économique, mais elle offre un rendu architectural exceptionnel et une luminosité maximale, idéale dans un séjour cathédrale ou un hall d’immeuble de prestige.
Escalier hélicoïdal en béton armé coulé sur place
Autre grande famille de systèmes constructifs : l’escalier hélicoïdal en béton armé, coulé sur place ou préfabriqué. Très présent dans les cages d’escalier d’immeubles collectifs et de bâtiments tertiaires, il s’appuie sur une structure en voile ou en noyau central en béton. Les marches et contremarches sont alors solidaires d’une dalle hélicoïdale, ferraillée selon les prescriptions de l’Eurocode 2. Ce type d’ouvrage offre une durabilité remarquable, une excellente résistance au feu et un comportement acoustique supérieur à la plupart des structures métalliques.
La contrepartie de cette robustesse est une plus grande lourdeur constructive et un coût de coffrage important, surtout lorsque l’escalier présente des formes complexes. Il est rarement utilisé pour une maison individuelle, sauf projet d’architecte très spécifique, mais reste la solution de référence dans les cages d’escaliers de secours ou les circulations verticales en ERP. Une fois le gros œuvre réalisé, l’escalier hélicoïdal en béton peut être habillé de pierre, de bois ou de carrelage pour s’intégrer à l’esthétique intérieure.
Matériaux de fabrication et finitions disponibles sur le marché
Acier galvanisé, inox 304 et fonte d’aluminium pour structure porteuse
Le choix des matériaux influence à la fois la durabilité, l’entretien et l’esthétique de votre escalier hélicoïdal ou en colimaçon. Pour la structure porteuse, l’acier reste le matériau le plus couramment utilisé. En intérieur, un acier S235 ou S355 laqué offre un excellent rapport coût/performance et permet une grande finesse des éléments. En extérieur, on privilégie l’acier galvanisé à chaud, dont la couche de zinc protège durablement la structure contre la corrosion, notamment en climat humide ou en bord de mer.
L’inox 304 (voire 316 en atmosphère très agressive) s’impose dans les projets haut de gamme ou en milieu fortement exposé, par exemple pour un escalier hélicoïdal extérieur donnant sur une terrasse ou une toiture. Sa résistance à la corrosion, sa facilité d’entretien et son aspect contemporain en font un allié de choix dans l’architecture contemporaine. La fonte d’aluminium, quant à elle, est souvent utilisée pour les marches ou les éléments de garde-corps, grâce à sa légèreté et à sa capacité de moulage. Elle permet de réaliser des motifs ajourés ou des reliefs antidérapants, très appréciés pour les escaliers en colimaçon d’extérieur.
Marches en bois massif : hêtre, chêne et frêne selon normes PEFC
Pour les marches, le bois massif reste un choix privilégié lorsqu’on souhaite associer confort et chaleur visuelle. Le hêtre, le chêne et le frêne se distinguent par leur dureté, leur stabilité dimensionnelle et leur bonne tenue dans le temps. Lorsque vous sélectionnez un escalier hélicoïdal bois-métal, veillez à privilégier des essences certifiées PEFC ou FSC, gage d’une gestion responsable des forêts. Le hêtre offre un excellent rapport qualité/prix, avec un grain fin facile à teinter. Le chêne, plus noble, s’impose pour les intérieurs haut de gamme ou les rénovations de maisons anciennes.
Sur le plan technique, l’épaisseur des marches varie généralement entre 35 et 45 mm pour garantir une rigidité suffisante, surtout en cas de fixation en console sur un fût central. Les finitions (vernis, huile, lasure) contribuent à la protection contre l’usure et les taches, mais aussi à la glissance de la surface. Pour un escalier en colimaçon très sollicité, par exemple dans une pièce de vie, il est recommandé d’opter pour une finition antidérapante et de prévoir éventuellement des nez de marche rapportés en métal ou en caoutchouc.
Garde-corps en verre feuilleté trempé et systèmes de remplissage
Le garde-corps joue un rôle déterminant dans la sécurité et l’esthétique de votre escalier tournant. De plus en plus de projets intègrent des panneaux en verre feuilleté trempé pour bénéficier d’une transparence maximale tout en respectant les exigences de résistance mécanique. Un vitrage de type 44.2 ou 55.2, composé de deux feuilles de verre trempé assemblées par des films PVB, permet de créer une barrière continue sans montants verticaux apparents. Résultat : la lumière circule librement et l’escalier hélicoïdal devient une véritable pièce maîtresse au cœur de la maison.
En complément ou en alternative, différents systèmes de remplissage sont possibles : barreaudage vertical en acier ou inox, câbles inox tendus, panneaux perforés, claustras métalliques, etc. La norme NF P01-012 impose notamment que l’intervalle entre éléments ne permette pas le passage d’une sphère de 11 cm dans les zones accessibles au public. Dans un contexte résidentiel, un barreaudage vertical est souvent privilégié pour éviter l’effet d’échelle et limiter les risques de chute pour les enfants. Vous pouvez ainsi accorder votre garde-corps à l’ambiance générale de votre intérieur, en jouant sur les couleurs, les textures et le degré de transparence recherché.
Applications spécifiques et contraintes réglementaires ERP
Escalier hélicoïdal monumental dans halls d’immeubles de prestige
Dans les halls d’immeubles de prestige, d’hôtels ou de sièges sociaux, l’escalier hélicoïdal prend souvent une dimension monumentale. Il ne se contente plus de relier deux niveaux : il devient le point focal de l’architecture intérieure. Les architectes exploitent alors la liberté formelle de la structure hélicoïdale pour créer des volées généreuses, des courbes fluides et des garde-corps spectaculaires, souvent en verre ou en métal poli. La grande hauteur disponible permet d’augmenter le diamètre de l’escalier, ce qui améliore le confort d’usage tout en renforçant l’impact visuel.
Dans ces contextes, le respect des normes ERP (Établissements Recevant du Public) est incontournable. La largeur minimale de l’escalier, la résistance au feu des matériaux, la continuité des mains courantes et la présence de paliers de repos sont autant d’exigences à intégrer dès la phase de conception. Un escalier hélicoïdal monumental peut ainsi conjuguer normes de sécurité strictes et expression architecturale forte, à condition que le dialogue entre architecte, bureau de contrôle et fabricant soit établi très en amont du projet.
Colimaçon gain de place pour mezzanine et combles aménagés
À l’autre extrémité du spectre, l’escalier en colimaçon se révèle particulièrement adapté aux petits espaces : mezzanines, combles aménagés, accès à un bureau en soupente ou à une chambre d’appoint. Lorsque le recul au sol est insuffisant pour un escalier droit ou quart tournant, un colimaçon de diamètre 120 à 140 cm peut constituer une solution pertinente, surtout en usage secondaire. Sa structure autoporteuse facilite l’implantation dans un coin de pièce ou le long d’un mur porteur, sans avoir à modifier lourdement la distribution existante.
Dans ce type d’application, le compromis entre gain de place et confort d’utilisation doit être évalué avec soin. L’escalier en colimaçon ne sera pas idéal pour transporter des meubles volumineux, mais il permet souvent de rendre accessible un niveau jusque-là difficile d’accès, par exemple pour transformer un grenier en espace de rangement optimisé. En choisissant un modèle ajouré, avec garde-corps léger, vous limitez également l’impact visuel dans un séjour ou un petit studio.
Normes d’accessibilité PMR et limitations d’usage en évacuation
Dès que l’on évoque les ERP ou les bâtiments soumis à des exigences d’accessibilité renforcées, la question se pose : un escalier hélicoïdal ou en colimaçon est-il compatible avec les normes PMR ? Dans la majorité des cas, la réponse est non pour un escalier principal. Les textes réglementaires privilégient des escaliers droits ou à faible rotation, avec des paliers de repos et une largeur suffisante pour permettre le croisement des usagers et l’éventuel accompagnement d’une personne à mobilité réduite.
Cela ne signifie pas pour autant que l’escalier hélicoïdal est interdit en ERP. Il peut être utilisé comme escalier complémentaire, décoratif ou de desserte secondaire, dès lors qu’un chemin accessible (ascenseur, rampe) est prévu en parallèle. En matière d’évacuation incendie, les escaliers en colimaçon sont en général proscrits comme issue principale, car leur géométrie complique la descente rapide de groupes importants et peut accentuer les phénomènes de panique. Là encore, chaque projet doit être analysé au cas par cas avec le bureau de contrôle pour vérifier la conformité de la solution envisagée.
Critères de choix et analyse comparative pour votre projet
Encombrement au sol et emprise volumétrique dans l’espace habitable
Lorsque vous hésitez entre escalier hélicoïdal et escalier en colimaçon, le premier critère à poser sur la table est celui de l’encombrement au sol. Un colimaçon à fût central occupe une emprise très lisible, souvent comprise entre 1 et 3 m² selon le diamètre. Un hélicoïdal sans noyau peut, lui, nécessiter une trémie plus généreuse pour offrir un confort équivalent, mais il libère davantage le vide central et ouvre la perspective sur les niveaux supérieurs. Vous cherchez avant tout à optimiser chaque mètre carré ? Le colimaçon compact reste difficile à battre.
L’emprise volumétrique joue également un rôle essentiel dans la perception de votre espace habitable. Un escalier hélicoïdal largement dimensionné, associé à des garde-corps en verre, peut donner l’impression d’un volume plus grand, même s’il occupe quelques dizaines de centimètres supplémentaires au sol. À l’inverse, un colimaçon très serré libérera de la place mais pourra paraître étouffant dans une petite pièce. L’exercice consiste donc à trouver le bon équilibre entre surface utile au sol, hauteur disponible et effet visuel recherché.
Coût de fabrication et d’installation selon configurateur en ligne
Sur le plan budgétaire, l’escalier en colimaçon standardisé est souvent la solution la plus accessible. Les modèles en kit bois-métal d’entrée de gamme démarrent généralement autour de 900 à 1000 € TTC, pose non comprise, pour un diamètre réduit et une hauteur sol/sol classique. Pour un escalier plus confortable, de diamètre 140 à 160 cm, en bois massif et structure métallique laquée, le budget se situe plutôt entre 2000 et 4000 €, selon le niveau de finition et les accessoires choisis (garde-corps, contremarches, main courante).
L’escalier hélicoïdal sur mesure, notamment sans noyau central ou avec limon hélicoïdal cintré, demande en revanche un investissement plus conséquent. Le travail de conception, la fabrication spécifique des éléments courbes et la pose souvent plus technique justifient des budgets qui peuvent facilement dépasser 6000 à 8000 € pour un ouvrage intérieur de qualité, et davantage pour un projet monumental ou en inox. Les configurateurs en ligne proposés par de nombreux fabricants constituent un bon point de départ : en renseignant votre hauteur, votre diamètre souhaité et vos préférences de matériaux, vous obtenez rapidement une enveloppe budgétaire pour comparer plusieurs scénarios.
Confort d’utilisation quotidien et transport d’objets volumineux
Dernier critère, mais non des moindres : le confort d’utilisation au quotidien. Un escalier hélicoïdal de bon diamètre, avec un giron généreux sur la ligne de foulée et des marches bien proportionnées, peut tout à fait assumer le rôle d’escalier principal dans une maison. Il permet de monter et descendre les bras chargés, de porter un enfant, voire de manœuvrer certains meubles avec prudence. L’absence de noyau central offre une impression d’espace et facilite les croisements, à condition que la largeur d’emmarchement soit suffisante.
Un escalier en colimaçon compact, en revanche, se prête mieux à des usages secondaires ou ponctuels. La présence du fût central réduit la largeur utile des marches et complique le transport d’objets volumineux. Avant de faire votre choix, posez-vous la question suivante : « Qui utilisera cet escalier, à quelle fréquence et pour quels usages ? ». Si vous prévoyez de déménager régulièrement des meubles, d’accueillir des personnes âgées ou de jeunes enfants, il sera souvent judicieux de privilégier un escalier hélicoïdal plus large, quitte à consacrer un peu plus de place au sol. À l’inverse, pour accéder à un bureau en mezzanine ou à un étage occasionnellement utilisé, un colimaçon bien dimensionné constituera une solution à la fois esthétique, compacte et économiquement intéressante.