# Éclairage d’escalier : quelles solutions pour un rendu fonctionnel et esthétique ?
L’escalier représente l’un des espaces les plus critiques d’un bâtiment en matière de sécurité et de circulation. Un éclairage inadapté peut non seulement créer un inconfort visuel, mais aussi augmenter considérablement les risques de chute, particulièrement pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Pourtant, au-delà de cette dimension sécuritaire essentielle, l’éclairage d’escalier constitue également une formidable opportunité de créer une signature esthétique forte, capable de transformer un simple passage en véritable élément architectural. Comment concilier ces deux impératifs apparemment contradictoires ? Quelles technologies permettent aujourd’hui d’allier performance lumineuse, économies d’énergie et design raffiné ? Entre normes réglementaires strictes, innovations LED et systèmes intelligents, le domaine de l’éclairage d’escalier a connu une véritable révolution ces dernières années, offrant des possibilités jusqu’alors inimaginables.
Les normes NF C 15-100 et réglementation accessibilité pour l’éclairage d’escalier
La réglementation française impose des exigences précises concernant l’éclairage des escaliers, qu’il s’agisse d’habitations individuelles, de logements collectifs ou d’établissements recevant du public (ERP). La norme NF C 15-100, référence en matière d’installations électriques basse tension, définit les principes fondamentaux à respecter pour garantir la sécurité des usagers. Ces dispositions ne sont pas de simples recommandations : elles constituent un cadre légal dont le non-respect peut engager la responsabilité du maître d’ouvrage ou du professionnel installateur.
L’accessibilité constitue également un enjeu majeur, particulièrement depuis l’entrée en vigueur de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances. Cette législation impose que les escaliers soient clairement identifiables par tous les usagers, y compris les personnes malvoyantes. Concrètement, cela signifie que l’éclairage doit permettre de distinguer nettement chaque marche, de percevoir les nez de marche et d’identifier les changements de direction. Un escalier correctement éclairé n’est pas simplement lumineux : il offre un contraste visuel suffisant entre les différentes surfaces pour faciliter la perception de la profondeur et des reliefs.
Exigences photométriques : flux lumineux minimal et température de couleur recommandée
Les normes fixent un éclairement minimal de 100 lux en moyenne sur les marches d’escalier dans les parties communes d’immeubles collectifs, et peuvent atteindre 150 à 200 lux dans les ERP selon leur catégorie. Cette valeur n’est pas arbitraire : elle correspond au seuil en dessous duquel la perception des reliefs devient insuffisante pour garantir une circulation sécurisée. Pour les escaliers extérieurs, ces valeurs sont généralement revues à la hausse, compte tenu des variations d’adaptation de l’œil entre l’extérieur et l’intérieur. La température de couleur joue également un rôle essentiel dans le confort visuel : une température comprise entre 3000K et 4000K offre le meilleur compromis entre efficacité lumineuse et sensation de chaleur, facilitant l’identification des contrastes sans créer d’ambiance trop froide ou clinique.
Indice de protection IP et résistance IK pour luminaires d’escalier
L’indice de protection (IP) caractérise la résistance d’
un luminaire aux projections de poussière et d’humidité, mais aussi aux chocs mécaniques. Pour un escalier intérieur en logement, un indice IP20 est généralement suffisant dès lors que les appareils ne sont pas exposés aux ruissellements d’eau. En parties communes de logements collectifs, dans les locaux humides (caves, parkings) ou pour un escalier extérieur, il est recommandé de viser au minimum IP44 (protection contre les projections d’eau) et jusqu’à IP65 pour les zones directement soumises aux intempéries.
La résistance aux chocs, exprimée par l’indice IK, est tout aussi importante dans une cage d’escalier, notamment dans les ERP et les immeubles collectifs. Un luminaire trop fragile risque d’être endommagé en cas de choc accidentel, voire de vandalisme. En pratique, on privilégie des appareils avec un IK08 minimum pour les circulations, et IK10 pour les zones à risque (escaliers de parkings, établissements scolaires, etc.). Ce choix participe directement à la pérennité de l’installation et limite les opérations de maintenance, tout en garantissant le maintien du niveau d’éclairement dans le temps.
Hauteur d’installation réglementaire des points lumineux selon l’ERP
Dans les établissements recevant du public, les règles d’implantation des points lumineux en escalier sont encadrées par les textes relatifs à la sécurité incendie et à l’accessibilité. L’objectif est double : éviter l’éblouissement des usagers et garantir une hauteur libre de passage suffisante, y compris pour les personnes de grande taille. En pratique, les luminaires plafonniers ou suspensions doivent être positionnés de manière à laisser au minimum 2,20 m de hauteur libre au-dessus des nez de marche et des paliers de repos.
Pour les appliques murales, la plupart des guides de conception recommandent une implantation comprise entre 1,70 m et 1,90 m du sol fini, avec une attention particulière aux volées étroites où un appareil trop saillant pourrait constituer un obstacle. Les luminaires encastrés dans les parois latérales (spots muraux, balises LED) sont idéalement placés entre 15 cm et 30 cm au-dessus du nez de marche, ce qui permet d’obtenir un balisage efficace sans éblouir. Vous l’aurez compris : la hauteur d’installation n’est pas qu’une question d’esthétique, elle conditionne directement la sécurité et le confort visuel.
Obligations d’éclairage de sécurité et d’évacuation en habitat collectif
En habitat collectif et dans les ERP, les escaliers font partie intégrante du cheminement d’évacuation. À ce titre, ils doivent être équipés d’un éclairage de sécurité conforme à la norme NF EN 1838. Celui-ci garantit un niveau d’éclairement minimal de 1 lux au sol sur l’axe de circulation, maintenu pendant au moins 1 heure en cas de coupure d’alimentation. Cet éclairage de sécurité peut être assuré soit par des blocs autonomes d’éclairage de sécurité (BAES), soit par une source centralisée, selon la typologie du bâtiment.
Les escaliers doivent également comporter une signalisation de secours claire : pictogrammes photoluminescents ou lumineux indiquant les issues, repérage des niveaux, balisage des changements de direction. Dans les cages encloisonnées, ces dispositifs sont essentiels pour guider les occupants en cas de fumées ou de perte de repères. Dans les parties communes d’habitation, l’éclairage normal des escaliers doit en outre être commandé de manière à ne jamais plonger l’espace dans l’obscurité totale : temporisation suffisante, minuterie adaptée, voire détection de présence continue selon la fréquentation.
Technologies LED et systèmes d’éclairage embarqué pour marches d’escalier
La généralisation des LED a profondément renouvelé les solutions d’éclairage pour escaliers, en particulier pour tout ce qui concerne l’éclairage embarqué dans les marches, les contremarches ou les plinthes. Compactes, économes et très durables, les sources LED permettent de créer un balisage précis des nez de marche tout en limitant la consommation électrique. Là où l’on se contentait autrefois d’un plafonnier central, il devient aujourd’hui possible de combiner éclairage général et éclairage de guidage intégré, pour un résultat à la fois fonctionnel et spectaculaire.
Ces systèmes embarqués exigent toutefois une approche plus technique que de simples luminaires décoratifs. Compatibilité électrique, gestion thermique, choix des optiques et des diffuseurs, intégration dans le support (bois, béton, métal) : autant de paramètres à anticiper dès la phase de conception. Vous envisagez de rénover votre escalier en intégrant un éclairage LED discret sous les marches ? Voyons quelles familles de produits répondent le mieux à cet usage.
Rubans LED encastrables : profilés aluminium et diffuseurs opalins anti-éblouissement
Les rubans LED encastrables constituent l’une des solutions les plus polyvalentes pour éclairer un escalier. Associés à des profilés aluminium, ils peuvent être intégrés sous le nez de marche, en sous-face de marche ou le long des limons. Le profilé joue un double rôle : il sert de dissipateur thermique pour prolonger la durée de vie des LED, et offre une finition propre, surtout lorsqu’il est équipé d’un diffuseur opalin qui masque les points lumineux.
Le choix du diffuseur est déterminant pour éviter l’éblouissement, notamment lorsque le ruban est directement visible depuis le dessous ou depuis un étage. Un diffuseur opal ou micro-prismatique permet de homogénéiser le flux et de transformer la ligne de LED en un trait lumineux continu. Pour les escaliers résidentiels, une puissance de l’ordre de 5 à 10 W/m suffit généralement pour un balisage confortable, alors que les circulations publiques ou les escaliers d’hôtels peuvent nécessiter des puissances plus élevées, toujours en veillant à une bonne gradation.
Spots LED encastrés muraux et nez de marche lumineux avec optiques asymétriques
Autre solution très appréciée : les spots LED encastrés dans les contremarches ou les parois latérales. Compacts et robustes, ils diffusent un faisceau lumineux dirigé vers la marche, souvent à l’aide d’une optique asymétrique qui évite de projeter la lumière dans les yeux des usagers. Placés à intervalles réguliers, ces spots créent une succession de taches lumineuses qui rythment la montée et assurent une excellente lisibilité des marches.
Les nez de marche lumineux, quant à eux, intègrent directement la source LED dans un profilé antidérapant fixé sur la tranche de la marche. Ils cumulent ainsi plusieurs fonctions : balisage lumineux, contraste visuel renforcé pour les personnes malvoyantes et amélioration de l’adhérence grâce à des inserts rainurés. Pour un escalier intensément sollicité (centre commercial, gare), ces dispositifs constituent une réponse particulièrement pertinente, à condition de choisir des modèles certifiés pour une forte résistance mécanique (IK élevé) et une bonne tenue dans le temps.
Plinthes lumineuses continues et profilés néon LED flexibles
Les plinthes lumineuses continues permettent de créer un filet de lumière qui accompagne l’escalier sur toute sa longueur. Réalisées à partir de rubans LED intégrés dans des profils spécifiques posés en bas de mur, elles offrent un éclairage ras de sol idéal pour un guidage nocturne très confortable. Ce type de solution est particulièrement apprécié dans les hôtels, les cinémas ou les bâtiments tertiaires, où l’on cherche à concilier discrétion et sécurité.
Les profilés néon LED flexibles viennent compléter cette palette de solutions. Ils se présentent comme des cordons lumineux souples, à la section souvent rectangulaire ou ronde, capables d’épouser des courbes, des rampes ou des limons d’escaliers complexes. Leur enveloppe siliconée opaline assure une diffusion très homogène de la lumière, à la manière d’un tube néon traditionnel, mais avec la flexibilité et la faible consommation de la technologie LED. C’est une option particulièrement intéressante lorsqu’on souhaite souligner un garde-corps ou dessiner une ligne lumineuse continue le long d’un escalier hélicoïdal.
Dalles LED intégrées aux contremarches pour escaliers contemporains
Pour les projets les plus contemporains, certaines réalisations intègrent de véritables dalles LED dans les contremarches. Ces panneaux de faible épaisseur diffusent une lumière uniforme sur toute la surface, transformant chaque contremarche en plan lumineux. L’effet obtenu est spectaculaire, surtout lorsque les matériaux environnants sont sobres (bois clair, béton brut, métal noir) et que la température de couleur est soigneusement choisie pour éviter un rendu trop froid.
Sur le plan technique, ces dalles LED nécessitent un travail de conception plus poussé : alimentation déportée, gestion de la chaleur, fixations invisibles, éventuel vitrage de protection pour les zones publiques. Elles s’intègrent particulièrement bien dans des escaliers monolithiques en béton ou dans des structures métalliques sur mesure. Combinées à un éclairage indirect de la cage, elles permettent de se passer presque totalement de luminaires apparents, pour un résultat minimaliste et très architectural.
Systèmes de détection et automatisation intelligente de l’éclairage d’escalier
Un éclairage d’escalier performant ne se résume pas au choix des luminaires : la façon dont ils sont pilotés joue un rôle clé dans le confort d’usage et les économies d’énergie. Pourquoi laisser un escalier allumé en permanence alors que sa fréquentation est ponctuelle ? Grâce aux technologies de détection et aux systèmes connectés, il est aujourd’hui possible d’automatiser finement l’éclairage, tout en garantissant une disponibilité immédiate à chaque passage.
Qu’il s’agisse d’une cage d’escalier d’immeuble, d’un duplex résidentiel ou d’un ERP, la combinaison de détecteurs de mouvement, de capteurs crépusculaires et de dispositifs de gradation permet d’adapter la lumière au plus juste besoin. Cette « intelligence » de l’installation contribue non seulement à réduire les consommations, mais aussi à prolonger la durée de vie des LED en limitant les cycles marche/arrêt inutiles.
Détecteurs de mouvement PIR à angle de détection optimisé pour les volées
Les détecteurs de mouvement de type PIR (infrarouge passif) sont aujourd’hui la solution standard pour l’automatisation de l’éclairage d’escalier. Ils détectent les variations de rayonnement infrarouge liées au passage d’une personne et déclenchent l’allumage des luminaires. Dans une cage d’escalier, le positionnement et l’angle de détection sont cruciaux : un détecteur mal orienté peut laisser des zones non couvertes ou, au contraire, se déclencher intempestivement au moindre mouvement dans une pièce voisine.
On privilégie généralement des détecteurs grand angle (jusqu’à 180° voire 360° pour les modèles plafond) dont la portée est adaptée à la hauteur sous plafond et à la longueur des volées. Dans les escaliers à plusieurs niveaux, il est souvent pertinent de combiner plusieurs détecteurs, par exemple un au pied de l’escalier et un en tête, voire un par palier intermédiaire. Le temps de temporisation doit être ajusté de manière à ne pas plonger l’escalier dans le noir en pleine montée, tout en évitant que la lumière reste inutilement allumée après le passage.
Capteurs crépusculaires et programmation horaire par contacteur jour/nuit
Dans les escaliers donnant sur l’extérieur ou bénéficiant de lumière naturelle, intégrer un capteur crépusculaire permet d’éviter les allumages inutiles en journée. Ce dispositif mesure la luminosité ambiante et autorise le déclenchement de l’éclairage uniquement en dessous d’un certain seuil (par exemple 50 ou 100 lux). Couplé aux détecteurs de mouvement, il offre une gestion intelligente de la lumière, strictement limitée aux périodes où elle est vraiment nécessaire.
Pour les bâtiments tertiaires ou les copropriétés, une programmation horaire via contacteur jour/nuit ou horloge astronomique peut également s’avérer pertinente. Elle permet, par exemple, de maintenir un niveau d’éclairement réduit mais permanent durant certaines plages (début de soirée, heures de forte fréquentation), puis de basculer en mode détection seule en nuit profonde. Cette stratégie hybride combine confort d’usage et sobriété énergétique, en particulier dans les cages d’escalier très sollicitées.
Solutions domotiques KNX et protocole zigbee pour éclairage connecté
Avec la montée en puissance de la domotique, les escaliers n’échappent pas à la tendance de l’éclairage connecté. Les bus de communication filaires comme KNX, ou les protocoles radio tels que Zigbee, Z-Wave ou Thread, permettent d’intégrer l’éclairage d’escalier dans un système global de gestion du bâtiment. Vous pouvez ainsi scénariser l’allumage des marches en fonction de la présence, de l’heure, voire coupler la lumière de l’escalier à l’ouverture d’une porte d’entrée ou à l’activation d’une alarme.
Dans une maison individuelle, un simple réseau Zigbee relié à une passerelle domotique grand public suffit souvent pour piloter des rubans LED, des appliques ou des suspensions depuis un smartphone ou par commande vocale. Dans un immeuble tertiaire, un système KNX ou BACnet offrira une approche plus centralisée, avec remontée d’informations sur l’état des circuits, historique des consommations et possibilité de maintenance prédictive. L’éclairage d’escalier devient alors un maillon d’un écosystème plus vaste, au service du confort et de la performance énergétique.
Gradation DALI et dimming progressif pour économies énergétiques
La gradation (ou dimming) constitue un levier particulièrement efficace pour optimiser l’éclairage des escaliers. Plutôt que de fonctionner en tout ou rien, les luminaires peuvent être pilotés en intensité grâce à des protocoles dédiés comme DALI (Digital Addressable Lighting Interface). Ce standard, très répandu dans le tertiaire, permet de programmer des scénarios fins : niveau de veille à 10 % pendant la nuit, montée à 100 % lors du passage, extinction progressive après temporisation.
Le dimming progressif présente plusieurs avantages. D’abord, il réduit la consommation électrique proportionnellement à la baisse de flux, ce qui, sur des escaliers utilisés 24h/24, représente un gisement d’économie considérable. Ensuite, il améliore le confort visuel, en évitant les allumages brusques qui peuvent éblouir un usager dont la vision est adaptée à l’obscurité. Enfin, il prolonge la durée de vie des LED en limitant les contraintes thermiques liées aux montées en puissance instantanées. Une approche gagnant-gagnant, tant pour l’utilisateur que pour le gestionnaire de bâtiment.
Appliques murales et suspensions design pour cage d’escalier
Si les solutions d’éclairage embarqué et les systèmes techniques sont essentiels, la dimension décorative ne doit pas être négligée, en particulier dans les cages d’escalier à grande hauteur ou visibles depuis les pièces de vie. Les appliques murales et les suspensions design permettent de structurer l’espace, de dialoguer avec l’architecture et de donner une véritable identité à l’escalier. L’enjeu est de trouver le bon équilibre entre présence visuelle et confort, sans compromettre la sécurité de circulation.
Dans un escalier droit, une série d’appliques alignées à mi-hauteur du mur crée un rythme régulier et rassurant. Dans une cage cathédrale ou un escalier hélicoïdal, une suspension en cascade ou un lustre grande hauteur peut devenir la pièce maîtresse qui accompagne le regard sur plusieurs niveaux. Le choix des matériaux (verre opalin, métal brossé, bois, textile) et des formes (géométriques, organiques, minimalistes) doit être cohérent avec le style global du bâtiment, tout en respectant les contraintes techniques évoquées plus haut (hauteur libre, éblouissement, entretien).
Alimentation électrique et câblage des circuits d’éclairage d’escalier
Derrière un éclairage d’escalier réussi se cache toujours une infrastructure électrique soigneusement pensée. Section des câbles, type de conducteur, emplacement des transformateurs, protections, cheminement dans les parois : ces aspects, souvent invisibles, conditionnent la fiabilité et la maintenabilité de l’installation. Négliger la conception des circuits, c’est prendre le risque de devoir ouvrir un mur ou une marche quelques années plus tard pour corriger un problème de tension ou un défaut d’isolation.
Les escaliers présentent par ailleurs des spécificités : dénivelé important, contraintes de passage dans les marches ou les limons, coexistence éventuelle avec d’autres réseaux (interphonie, détection incendie, vidéosurveillance). Une coordination étroite entre l’électricien, l’architecte et, le cas échéant, le menuisier ou le métallier est donc indispensable dès l’esquisse du projet.
Dimensionnement des transformateurs 12V-24V pour installations LED basse tension
De nombreuses solutions d’éclairage d’escalier à LED, en particulier les rubans, les néons flexibles ou certains spots encastrés, fonctionnent en basse tension (12 V ou 24 V). Elles nécessitent donc un transformateur ou une alimentation électronique, qui convertit le 230 V domestique en tension adaptée. Le dimensionnement de ces alimentations est un point clé : une puissance insuffisante entraînera des chutes de tension, un vieillissement prématuré ou des scintillements, tandis qu’une surdimension trop important peut nuire au rendement et au coût global.
En pratique, on calcule la puissance totale des LED à alimenter (en watts), puis on ajoute une marge de sécurité de 20 à 30 % pour tenir compte des pertes et des évolutions éventuelles. Pour un ruban de 10 m consommant 8 W/m, par exemple, la puissance nécessaire est de 80 W, ce qui conduira à choisir une alimentation de 100 W minimum. La longueur des lignes et la section des conducteurs doivent également être prises en compte pour limiter les chutes de tension, particulièrement en 12 V où elles sont plus sensibles qu’en 24 V.
Câbles rigides H07V-U et gaines techniques ICTA pour encastrement
Dans les installations fixes encastrées, la NF C 15-100 impose l’utilisation de conducteurs adaptés, généralement de type H07V-U ou H07V-R (rigides ou semi-rigides), passés dans des gaines ICTA ou des conduits rigides. Ces gaines protègent les câbles des agressions mécaniques lors des travaux et facilitent un éventuel remplacement ultérieur. Dans un escalier, elles peuvent être intégrées dans les cloisons latérales, dans la dalle des paliers ou, pour les escaliers en bois, dans les limons ou sous les marches.
La section des conducteurs est déterminée en fonction de la puissance à transporter, de la longueur du circuit et du type de protection (disjoncteur, fusible). Pour un circuit d’éclairage classique en 230 V, une section de 1,5 mm² est la norme en résidentiel, protégée par un disjoncteur de 10 A. Pour la partie basse tension alimentant les LED, on pourra être amené à utiliser des sections plus importantes (2,5 mm² ou plus) pour limiter les chutes de tension sur de longues distances. Là encore, l’anticipation est la meilleure garantie d’une installation évolutive et sécurisée.
Boîtes de dérivation étanches et raccordements WAGO pour connexions sécurisées
Les points de connexion des circuits d’éclairage d’escalier doivent être regroupés dans des boîtes de dérivation accessibles, idéalement situées sur les paliers ou dans des volumes techniques adjacents. Ces boîtes, de préférence à indice de protection adapté (IP44 ou plus en zone humide), permettent de répartir l’alimentation vers les différentes volées, les rubans LED, les appliques ou les spots encastrés. Elles facilitent aussi les opérations de maintenance ou d’évolution ultérieure (ajout d’un détecteur, remplacement d’un luminaire).
Pour les raccordements, l’utilisation de bornes à ressort de type WAGO ou équivalentes s’est imposée comme une pratique standard, en remplacement des dominos à vis. Elles offrent un serrage fiable, rapide et insensible aux vibrations, ce qui est particulièrement appréciable dans les escaliers où les structures peuvent travailler légèrement dans le temps. Comme toujours, le respect scrupuleux des sections admissibles, des repérages de circuits et de la continuité de la terre est impératif pour garantir une sécurité optimale.
Calcul de l’éclairement moyen en lux et uniformité photométrique sur les marches
Au-delà des aspects électriques, la qualité d’un éclairage d’escalier se mesure par des paramètres photométriques précis : éclairement moyen en lux, uniformité, limitation des éblouissements. Un simple « à vue de nez » ne suffit pas, surtout dans les ERP ou les bâtiments collectifs soumis à contrôle. Les logiciels de calcul d’éclairage (Dialux, Relux, etc.) permettent de modéliser la cage d’escalier, de positionner les luminaires et de simuler la distribution de lumière sur les marches et les parois.
L’objectif est d’atteindre les niveaux recommandés (100 à 150 lux selon le type de bâtiment) avec une uniformité suffisante, généralement définie par le rapport Emoyen / Emin. Une uniformité trop faible (fortes variations de lumière entre deux marches) peut perturber la perception de la profondeur et créer une gêne visuelle. Vous pouvez voir l’uniformité comme la différence entre un escalier éclairé par un projecteur ponctuel, créant des marches très claires et d’autres sombres, et un escalier baigné par une lumière régulière, où chaque marche est perçue de la même manière.
Rendu des couleurs IRC supérieur à 80 et évitement du scintillement à 50 hz
Le rendu des couleurs (IRC ou CRI) est un autre critère souvent sous-estimé pour les escaliers. Pourtant, il influence directement la capacité à distinguer les contrastes entre les matériaux (nez de marche contrastés, bandes antidérapantes, revêtements muraux). Un indice de rendu des couleurs supérieur à 80 est recommandé pour les circulations, et il n’est pas rare de viser 90 dans les bâtiments haut de gamme ou les hôtels, afin d’obtenir une perception plus fidèle des teintes.
Par ailleurs, il est essentiel de veiller à l’absence de scintillement perceptible (flicker) lié à l’alimentation des LED. Un scintillement à 100 Hz (double de la fréquence secteur 50 Hz) peut être discret mais fatigant à la longue, voire problématique pour certaines personnes sensibles. Des alimentations de qualité, munies de circuits de filtrage adéquats, permettent de réduire fortement ce phénomène. Dans un escalier, où l’on se déplace et où les ombres se déplacent rapidement, un éclairage « stable » est particulièrement appréciable pour éviter toute gêne ou inconfort.
Stratégies d’éclairage indirect et balisage latéral pour confort visuel nocturne
Enfin, la manière dont la lumière est dirigée joue un rôle décisif dans le confort visuel, en particulier la nuit. L’éclairage indirect, qui consiste à orienter les flux lumineux vers les murs ou les plafonds plutôt que directement vers les yeux, permet de créer une ambiance douce tout en assurant un niveau de lumière suffisant sur les marches. Des gorges lumineuses, des corniches LED ou des appliques à faisceau orienté vers le haut et le bas sont autant de solutions pour obtenir ce résultat.
Le balisage latéral, quant à lui, repose sur des sources de faible puissance placées en flanc de marche ou en pied de mur, à la manière des lumières de cheminement dans un avion. Il garantit une excellente visibilité nocturne tout en évitant de réveiller brutalement la vision par une lumière intense. Combiné à une température de couleur chaude (2700-3000 K) et à une gradation adaptée, il permet de traverser un escalier en pleine nuit sans être agressé par la lumière, tout en conservant un très haut niveau de sécurité. Comme souvent en éclairage, la clé réside dans la qualité de la lumière plus que dans sa quantité brute.