# Comment adapter son logement pour les personnes âgées avec un monte escalier ?
Le vieillissement de la population française impose une réflexion urgente sur l’adaptation des logements existants. Avec plus de 2,9 millions de personnes âgées dépendantes attendues d’ici 2027, la question du maintien à domicile devient centrale. L’escalier représente l’un des obstacles majeurs à l’autonomie des seniors : responsable de près d’un tiers des chutes domestiques chez les plus de 65 ans, il symbolise souvent la frontière entre indépendance et dépendance. L’installation d’un monte-escalier constitue une solution technique éprouvée qui permet de sécuriser les déplacements verticaux tout en préservant le cadre de vie familier. Cette intervention nécessite toutefois une approche méthodique, depuis l’évaluation initiale du domicile jusqu’à la maintenance régulière de l’équipement installé.
Évaluation ergonomique et diagnostic d’accessibilité du domicile
Avant toute installation, un diagnostic complet du logement s’impose pour identifier les contraintes techniques et définir la solution la plus appropriée. Cette phase d’évaluation conditionne la réussite du projet d’adaptation et garantit que l’équipement choisi répondra parfaitement aux besoins spécifiques de l’utilisateur. L’intervention d’un ergothérapeute ou d’un conseiller en adaptation du logement permet d’établir un bilan objectif de la situation et d’anticiper les évolutions futures de la perte d’autonomie.
Analyse des contraintes architecturales : trémie, hauteur sous plafond et configuration de la cage d’escalier
L’examen architectural débute par la mesure précise des dimensions de l’escalier. La largeur minimale requise pour l’installation d’un monte-escalier standard est généralement de 63 centimètres, mais cette valeur varie selon les modèles et fabricants. La hauteur sous plafond doit être suffisante pour permettre le passage en position assise, soit au minimum 2 mètres au point le plus bas du trajet. La configuration géométrique de l’escalier détermine le type d’équipement envisageable : un escalier droit accepte des solutions standardisées plus économiques, tandis qu’un escalier tournant, en colimaçon ou comportant des paliers intermédiaires nécessite une fabrication sur mesure.
La présence d’une trémie étroite ou d’une main courante existante peut limiter les options disponibles. Certains modèles récents comme le système à rail monorail minimisent l’encombrement et préservent jusqu’à 20 centimètres de largeur utile supplémentaire par rapport aux systèmes à double rail. L’orientation des portes en haut et en bas de l’escalier influence également le positionnement du siège en position parking : un dégagement suffisant doit être maintenu pour ne pas obstruer les passages ni créer de nouveaux risques de chute.
Mesures anthropométriques et capacités motrices des seniors : test de tinetti et échelle ADL
L’évaluation des capacités physiques de l’utilisateur constitue la deuxième étape fondamentale. Le test de Tinetti évalue l’équilibre et la démarche selon une échelle de 28 points : un score inférieur à 19 indique un risque élevé de chute et justifie pleinement l’installation d’un équipement de sécurisation. L’échelle ADL (Activities of Daily Living) mesure quant à elle l’autonomie dans les activités quotidiennes et permet d’anticiper les besoins futurs. Ces évaluations standardisées fournissent des données objectives pour dimensionner correctement l’équipement.
Les mesures anthropomét
rométriques (taille, longueur de jambe, amplitude articulaire) permettent ensuite de choisir un siège de monte-escalier adapté : hauteur d’assise pour faciliter le lever, profondeur suffisante pour un bon maintien, largeur compatible avec le gabarit de la personne. Pour un senior souffrant de raideur de hanche ou de genou, on privilégiera par exemple un siège « perche » ou semi-assis qui limite la flexion. À l’inverse, pour une personne présentant des troubles cognitifs légers mais un bon tonus musculaire, un siège enveloppant avec accoudoirs marqués rassure et réduit les risques de glissement pendant le trajet.
Les capacités de préhension (force des mains, arthrose des doigts) orientent également le choix des commandes de monte-escalier : joystick, bouton à pression légère ou télécommande murale. Enfin, l’analyse de la fatigabilité à l’effort et de la capacité à se transférer seul du fauteuil au siège de l’appareil permet de décider si un accompagnement humain restera nécessaire ou si l’objectif peut être une autonomie complète sur l’escalier.
Repérage des points d’appui existants et identification des zones à risque de chute
Le diagnostic d’accessibilité inclut un repérage minutieux des points d’appui existants : rampes, mains courantes, rebords de murs ou meubles utilisés spontanément par la personne âgée pour se stabiliser. Ce « parcours réel » met souvent en évidence des stratégies de compensation informelles qui révèlent les zones les plus anxiogènes pour le senior. L’ergothérapeute analyse également l’état des revêtements de sols, la présence de tapis glissants, de nez de marche abîmés ou de contrastes visuels insuffisants entre les marches.
Les zones à risque de chute se situent fréquemment au départ et à l’arrivée de l’escalier, là où la personne passe d’une surface horizontale à une surface inclinée. Ces seuils doivent être sécurisés en priorité : éclairage renforcé, bandes antidérapantes, repères visuels contrastés, suppression des obstacles. L’installation d’un monte-escalier s’accompagne idéalement de la pose d’une main courante continue, à la bonne hauteur (entre 90 cm et 1 m) et saisissable sur toute la longueur, afin de conserver un appui stable même lorsque le siège n’est pas utilisé.
Calcul de la charge admissible et vérification de la structure porteuse
Sur le plan structurel, l’escalier et les parois attenantes doivent être capables de supporter la charge combinée du rail, du siège et de l’utilisateur, parfois équipée d’un déambulateur ou d’objets transportés. Les fabricants de monte-escaliers dimensionnent leurs appareils pour des charges usuelles de 120 à 160 kg, mais il convient de vérifier que la structure existante (marches en bois, dalle béton, mur porteur ou cloison) présente une résistance suffisante. En cas de doute, un avis d’ingénieur structure ou d’architecte peut être requis.
Le calcul de charge admissible tient compte des efforts dynamiques générés par le démarrage et l’arrêt du fauteuil, bien supérieurs à la simple charge statique. C’est un peu comme pour un ascenseur : ce n’est pas seulement le poids qui compte, mais aussi les accélérations et freinages répétés. Lorsque l’escalier est ancien, en bois ou en pierre fragile, des renforcements ponctuels (plaque métallique de répartition, doublage de marche, renforcement par-dessous) peuvent être nécessaires pour sécuriser la fixation du rail et garantir la durabilité de l’installation.
Technologies et typologies de monte-escaliers adaptés aux seniors
Une fois le diagnostic ergonomique et structurel établi, se pose la question du choix technologique. Tous les monte-escaliers ne se valent pas et ne répondent pas aux mêmes profils d’usage. Entre un escalier droit, un escalier tournant, un besoin de transport de fauteuil roulant ou une simple aide pour gravir quelques marches, les solutions diffèrent sensiblement. L’objectif est de trouver l’équilibre optimal entre sécurité, confort, coût et évolutivité, en gardant à l’esprit que l’état de santé d’une personne âgée est susceptible d’évoluer sur plusieurs années.
Monte-escalier droit à rail monorail : modèles stannah siena et ThyssenKrupp flow
Pour les escaliers droits, le monte-escalier à rail monorail représente généralement la solution la plus simple et la plus économique. Des modèles comme le Stannah Siena ou le ThyssenKrupp Flow sont conçus pour s’installer sur un escalier sans virage, avec une intervention limitée souvent réalisable en moins d’une journée. Le rail, fixé soit sur les marches soit sur le mur, suit une trajectoire linéaire qui facilite la montée et la descente sans à-coup.
Le rail monorail présente l’avantage d’un encombrement réduit, laissant un passage libre plus important pour les autres occupants du logement. Sur les modèles récents, la vitesse est régulée électroniquement pour assurer des démarrages et des arrêts progressifs, comparables à un ascenseur doux plutôt qu’à un « télésiège ». Pour un senior qui appréhende l’escalier mais conserve une bonne stabilité en position assise, ce type de monte-escalier droit constitue souvent la première option à envisager.
Solutions courbes sur mesure : système acorn 180 et handicare 2000 pour escaliers tournants
Lorsque l’escalier comporte un ou plusieurs quarts tournants, un palier intermédiaire ou une forme en colimaçon, l’installation d’un monte-escalier droit n’est plus envisageable. Des solutions sur mesure comme l’Acorn 180 ou le Handicare 2000 permettent alors de suivre précisément la géométrie de l’escalier. Le rail est fabriqué sur plan après relevé laser des dimensions, ce qui garantit un ajustement au centimètre près, même dans les cages d’escalier étroites ou complexes.
Ces systèmes courbes sur mesure offrent la possibilité de créer des « stations de parking » déportées en haut ou en bas de l’escalier, évitant que le siège ne gêne l’ouverture d’une porte ou la circulation dans un couloir. Ils peuvent aussi intégrer des sections horizontales pour faciliter les transferts dans un espace dégagé. Certes, le coût est plus élevé qu’un modèle droit, mais cette personnalisation permet de s’adapter à des escaliers existants sans travaux lourds, un atout majeur pour les maisons anciennes ou les habitations de ville.
Plateformes élévatrices PMR versus sièges élévateurs : critères de sélection selon le GIR
Pour les personnes âgées se déplaçant en fauteuil roulant ou présentant une incapacité majeure à réaliser un transfert assis/debout, la question se pose : faut-il préférer un siège élévateur classique ou une plateforme élévatrice PMR ? Le choix dépend en grande partie du niveau de dépendance évalué par la grille AGGIR (GIR 1 à 6). Pour un senior GIR 5 ou 6, capable de marcher avec aide mais fatigable, un siège de monte-escalier standard reste souvent suffisant. En revanche, pour un GIR 1 à 3, la plateforme permettant de rester dans son fauteuil roulant devient plus pertinente.
La plateforme élévatrice agit un peu comme un « mini ascenseur » suivant la pente de l’escalier : la personne y accède avec son fauteuil, la barrière de sécurité se referme et l’appareil se déplace en toute sécurité. L’avantage majeur est d’éviter les transferts, souvent sources de déséquilibre et de chutes. En contrepartie, l’encombrement est plus important et la largeur minimale de l’escalier doit être plus conséquente. Pour une maison familiale étroite, un compromis peut consister à installer une plateforme à l’extérieur et un siège élévateur à l’intérieur, selon les priorités de circulation dans le logement.
Dispositifs extérieurs résistants aux intempéries : gamme outdoor de lifta et protections IP65
Lorsque l’obstacle principal se situe à l’entrée du logement (quelques marches pour accéder au perron, escalier extérieur vers un étage), un monte-escalier extérieur peut s’avérer plus judicieux. Des gammes dédiées comme les modèles Outdoor de Lifta sont spécifiquement conçues pour résister aux intempéries : rails galvanisés ou inoxydables, sièges en matériaux imputrescibles, housses de protection intégrées. Les composants électriques sont protégés selon un indice IP65 ou supérieur, ce qui garantit une résistance à la poussière et aux projections d’eau.
Un monte-escalier extérieur permet de conserver l’accessibilité du logement même en cas de pluie ou de gel, à condition que les marches soient elles-mêmes sécurisées (revêtement antidérapant, déneigement en hiver). L’installation doit tenir compte de l’écoulement des eaux, de l’exposition au vent et des risques de corrosion. C’est un peu comme choisir un mobilier de jardin haut de gamme plutôt qu’une chaise intérieure sortie ponctuellement dehors : la conception et les matériaux font la différence sur la durée, en particulier pour un équipement aussi stratégique que l’accès à son domicile.
Installation technique et mise en conformité normative NF P99-170
L’installation d’un monte-escalier ne se résume pas à la pose d’un rail et d’un siège. Elle est encadrée par des exigences techniques et normatives strictes, notamment la norme NF P99-170 en France, qui définit les règles de sécurité pour les appareils élévateurs pour personnes à mobilité réduite. Respecter ces prescriptions, c’est non seulement garantir la sécurité de la personne âgée, mais aussi sécuriser la prise en charge par les assurances et l’éligibilité aux aides publiques.
Fixation du rail par ancrage mural ou fixation sur marches : préservation du revêtement existant
Deux grandes méthodes de fixation coexistent : l’ancrage dans le mur porteur longeant l’escalier, ou la fixation directe sur les marches. Le choix dépend de la nature des parois, de la largeur de l’escalier et de l’état du revêtement. Dans les maisons anciennes aux murs irréguliers ou friables, la fixation sur marches via des platines métalliques est souvent privilégiée, car elle répartit mieux la charge et limite les risques d’arrachement. Sur un escalier béton récent, en revanche, l’ancrage mural garantit un rail plus discret et une préservation maximale de la largeur utile des marches.
La préservation du revêtement existant (parquet, pierres naturelles, carrelage) constitue une préoccupation majeure pour de nombreux propriétaires. Les installateurs expérimentés utilisent des chevilles et vis adaptées à chaque matériau et interposent parfois des joints ou patins pour éviter l’écrasement ou la fissuration. Lorsqu’un démontage ultérieur est envisagé (par exemple en cas de revente du logement), il est possible de limiter les trous à des zones discrètes et de prévoir un kit de rebouchage. L’idée est que l’adaptation du logement pour une personne âgée ne sacrifie pas la valeur patrimoniale de la maison.
Raccordement électrique sécurisé : circuit dédié 16A et protection différentielle 30ma
Sur le plan électrique, un monte-escalier fonctionne généralement en basse tension via des batteries embarquées, rechargées automatiquement sur des points de charge situés en haut et en bas du rail. L’alimentation de ces chargeurs nécessite un raccordement à un circuit 230 V protégé. La bonne pratique consiste à créer un circuit dédié de 16 A, protégé par un disjoncteur différentiel 30 mA, conformément aux recommandations de la norme NF C 15-100 pour les équipements spécifiques.
Lorsque le tableau électrique est éloigné, l’installateur doit s’assurer que le passage de câble n’introduit pas de nouveaux risques domestiques (câble apparent dans une zone de circulation, percement de paroi porteuse sans étude préalable, etc.). Un peu comme pour une climatisation ou une borne de recharge de véhicule électrique, il est préférable d’éviter les branchements « bricolés » sur une prise existante. Ce raccordement sécurisé garantit le bon fonctionnement du monte-escalier, y compris lors de microcoupures, et protège la personne âgée contre tout risque d’électrisation.
Paramétrage de la vitesse de déplacement et ajustement des capteurs de sécurité infrarouge
Une fois le rail posé et le raccordement électrique réalisé, l’installateur procède au paramétrage de l’appareil. La vitesse de déplacement est réglée pour rester dans les limites prévues par la norme, généralement autour de 0,1 à 0,15 m/s. Ce réglage peut sembler technique, mais il a un impact direct sur le ressenti du senior : trop lent, le trajet devient anxiogène et inconfortable ; trop rapide, il peut donner une impression d’instabilité. L’objectif est de trouver le juste milieu, un peu comme la vitesse d’un escalator confortable dans un centre commercial.
Les capteurs de sécurité, souvent basés sur des faisceaux infrarouges ou des bords sensibles, sont ensuite ajustés pour détecter tout obstacle le long de la course : objet posé sur une marche, pied d’un proche, animal domestique. Dès qu’un obstacle est détecté, le monte-escalier s’arrête automatiquement. L’installateur vérifie également la sensibilité des commandes d’arrêt d’urgence et le bon fonctionnement des sécurités de ceinture. Un paramétrage fin est essentiel pour éviter les arrêts intempestifs tout en garantissant une protection maximale.
Tests de charge dynamique et certification CE obligatoire avant mise en service
Avant la remise officielle de l’appareil au client, une série de tests de charge dynamique est réalisée. L’installateur applique une charge supérieure à celle prévue en usage normal afin de vérifier la tenue mécanique du rail, des fixations et du siège lors des démarrages et freinages. Ces essais, comparables à un « crash test à basse vitesse », permettent de détecter d’éventuels jeux ou bruits anormaux et de procéder aux ajustements nécessaires.
La certification CE est obligatoire pour tout monte-escalier commercialisé dans l’Union européenne. Elle atteste de la conformité de l’appareil aux directives machines et basse tension. Le propriétaire doit recevoir un dossier comprenant la notice d’utilisation, le certificat de conformité, le procès-verbal de mise en service et, le cas échéant, le carnet d’entretien. Conserver ces documents est essentiel, notamment pour faire valoir la garantie, souscrire un contrat de maintenance ou solliciter certaines aides financières.
Ergonomie et fonctionnalités sécuritaires pour l’autonomie des personnes âgées
Au-delà des aspects purement techniques, le succès d’un projet d’adaptation repose sur l’ergonomie et la simplicité d’usage au quotidien. Un monte-escalier peut être parfaitement installé et conforme, mais rester sous-utilisé si la personne âgée ne se sent pas en confiance ou ne comprend pas bien son fonctionnement. C’est là que les fonctionnalités sécuritaires, la forme des commandes et la qualité de l’assise font toute la différence dans le maintien à domicile.
Commandes intuitives : télécommandes sans fil et boutons sensitifs anti-pression accidentelle
Les commandes d’un monte-escalier doivent être immédiatement compréhensibles, même pour un utilisateur peu à l’aise avec la technologie ou présentant des troubles cognitifs légers. Les joysticks à bascule (haut/bas) et les boutons à pression maintenue, souvent de couleur contrastée, répondent bien à cet enjeu. Les modèles récents intègrent des boutons sensitifs conçus pour éviter les déclenchements accidentels : le mouvement ne démarre que si la pression est volontaire et continue, ce qui limite les risques en présence de petits-enfants curieux.
Des télécommandes sans fil, fixées en haut et en bas de l’escalier, permettent d’appeler le siège à distance. C’est particulièrement utile dans les couples où deux personnes âgées utilisent le même monte-escalier. L’ergothérapeute peut proposer une petite « routine » d’utilisation (où ranger la télécommande, quand plier le siège, etc.) afin d’ancrer de bonnes habitudes et d’éviter les situations de blocage. Comme pour une télécommande de télévision, l’essentiel est que l’utilisateur se sente rapidement à l’aise et autonome.
Systèmes de retenue corporelle : ceintures de sécurité rétractables et détecteurs de posture
La présence d’un système de retenue corporelle fiable est indispensable pour prévenir tout risque de chute pendant la montée ou la descente. La plupart des monte-escaliers sont équipés de ceintures de sécurité rétractables, similaires à celles d’une voiture, faciles à boucler même en cas d’arthrose des mains. Certains modèles haut de gamme intègrent des détecteurs de posture qui vérifient que l’utilisateur est correctement assis avant d’autoriser le démarrage du trajet.
Pour les personnes présentant une hypotonie du tronc, des options de dossiers plus enveloppants ou de harnais complémentaires peuvent être envisagées. Il ne s’agit pas de « sangler » le senior, mais de lui offrir un maintien rassurant, comme un fauteuil de relaxation bien ajusté. Là encore, un ajustement personnalisé lors de l’installation (hauteur des accoudoirs, inclinaison du dossier, réglage de la ceinture) contribue fortement au sentiment de sécurité et d’autonomie.
Accoudoirs rabattables motorisés et repose-pieds escamotables à commande électrique
L’ergonomie d’accès au siège est tout aussi cruciale que la sécurité en mouvement. Des accoudoirs rabattables, parfois motorisés, facilitent l’assise pour les personnes ayant des difficultés à lever les jambes ou à pivoter le bassin. En ouvrant largement le côté du siège, on réduit l’effort de transfert depuis un déambulateur ou un fauteuil. Le repose-pieds escamotable, quant à lui, limite les risques de buter dessus lors du passage à pied dans l’escalier.
Sur certains modèles, un simple appui sur un bouton déclenche le déploiement synchronisé de l’assise, des accoudoirs et du repose-pieds, un peu comme la mise en position d’un fauteuil relax électrique. Cette automatisation peut sembler anecdotique, mais elle fait une grande différence pour un senior souffrant de douleurs articulaires ou de faiblesse musculaire. Moins il y a de gestes à accomplir, plus l’usage du monte-escalier devient naturel au quotidien.
Mécanismes anti-collision et arrêt d’urgence : capteurs d’obstacles par cellules photoélectriques
Les mécanismes anti-collision complètent le dispositif de sécurité. Des cellules photoélectriques et des bords sensibles sont disposés à l’avant et sous le repose-pieds pour détecter tout obstacle sur la trajectoire. Si un objet se trouve sur une marche, ou si un animal s’allonge sur le rail, le monte-escalier s’arrête instantanément. Cette fonction est essentielle dans les logements où cohabitent enfants, petits-enfants et animaux de compagnie.
Un bouton d’arrêt d’urgence, facilement accessible sur l’accoudoir, permet à l’utilisateur de stopper lui-même l’appareil en cas de malaise ou de sensation d’insécurité. Là encore, une explication claire lors de la mise en service est indispensable : savoir que l’on peut reprendre le contrôle à tout moment diminue fortement l’anxiété liée à l’usage de l’appareil. Comme pour une ceinture de sécurité en voiture, c’est souvent parce que l’on se sait protégé que l’on accepte plus facilement de se déplacer.
Financement et dispositifs d’aide fiscale pour l’adaptation du logement senior
L’installation d’un monte-escalier représente un investissement significatif, avec des prix généralement compris entre 3 000 et 10 000 € selon la configuration de l’escalier et le niveau de personnalisation. Pour autant, de nombreux dispositifs publics et privés permettent d’en réduire fortement le reste à charge, en particulier lorsqu’il s’agit de favoriser le maintien à domicile d’une personne âgée. Bien comprendre ces aides est crucial pour ne pas renoncer à un projet d’adaptation pourtant indispensable.
Le dispositif MaPrimeAdapt', entré en vigueur en 2024, est aujourd’hui la principale aide nationale pour l’adaptation du logement. Il peut financer jusqu’à 50 à 70 % du montant des travaux éligibles, dans la limite de 22 000 € HT, pour les ménages aux ressources modestes ou très modestes. Les personnes de plus de 70 ans, celles de 60 à 69 ans avec une perte d’autonomie évaluée (GIR 1 à 6) et les personnes en situation de handicap avec un taux d’incapacité d’au moins 50 % peuvent y prétendre, sous réserve de respecter les plafonds de revenus fixés par l’Anah.
Pour les foyers aux ressources intermédiaires, le crédit d’impôt accessibilité permet de récupérer 25 % du coût d’achat et de pose d’un monte-escalier, dans la limite de 5 000 € pour une personne seule et 10 000 € pour un couple. Cette aide fiscale n’est pas cumulable avec MaPrimeAdapt’, mais elle peut se combiner avec la TVA réduite à 5,5 % qui s’applique aux travaux d’adaptation dans les logements de plus de deux ans. À ces dispositifs s’ajoutent l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) et la PCH (Prestation de Compensation du Handicap), qui peuvent intégrer le monte-escalier dans un plan d’aide global.
Enfin, des prêts à taux réduit ou des subventions complémentaires peuvent être accordés par la CAF, les caisses de retraite, certaines mutuelles ou les collectivités territoriales (mairies, départements, régions). Pour ne pas passer à côté d’une aide, il est recommandé de se faire accompagner par un conseiller France Rénov’ ou un ergothérapeute habitué à monter ce type de dossier. En regroupant MaPrimeAdapt’, TVA réduite, crédit d’impôt (si éligible) et aides locales, de nombreux ménages parviennent à diviser par deux, voire par trois, le coût réel de leur monte-escalier.
Maintenance préventive et contrats d’entretien annuel obligatoires
Comme tout équipement mécanique et électrique, un monte-escalier nécessite une maintenance régulière pour rester fiable et sûr dans le temps. Vous laisseriez-vous confier à un ascenseur qui n’a pas été vérifié depuis cinq ans ? Il en va de même pour un appareil qui transporte chaque jour une personne âgée sur plusieurs mètres de hauteur. La maintenance préventive n’est pas un luxe, mais une composante essentielle du projet d’adaptation.
La plupart des fabricants exigent un entretien annuel réalisé par un technicien agréé pour maintenir la garantie contractuelle (qui peut aller de 2 à 10 ans selon les options). Lors de cette visite, le professionnel contrôle l’état du rail, des fixations, des batteries, des capteurs de sécurité et procède à un nettoyage/lubrification des éléments mobiles. Il teste également les dispositifs d’arrêt d’urgence, la qualité de la recharge et la bonne tenue des ceintures. Cette visite permet de repérer précocement une usure anormale ou une baisse d’autonomie des batteries avant qu’elles ne provoquent une panne bloquante.
De nombreux installateurs proposent des contrats d’entretien incluant, en plus de la visite annuelle, une assistance dépannage sous 24 ou 48 heures en cas de panne. Ces contrats peuvent paraître onéreux au premier abord, mais ils représentent une forme d’assurance tranquillité pour la personne âgée et ses proches. Un monte-escalier à l’arrêt immobilise parfois un étage entier du logement, avec toutes les conséquences psychosociales que cela implique. En anticipant la maintenance et en choisissant un contrat adapté à la fréquence d’usage, on sécurise réellement le maintien à domicile sur le long terme.